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 nourriture pour chevaux

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Pascal PICARD

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MessageSujet: nourriture pour chevaux   Mer 28 Nov 2012 - 23:50

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Dominique

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MessageSujet: Re: nourriture pour chevaux   Lun 3 Déc 2012 - 15:20

C'est bien beau tout ca , mais c'est de la theorie , combien de personnes connaissent la valeur nutritionnelle de son foin et donc la quantitee à donner par jour à son cheval . Je sais que beaucoup de gens donne à volonté , mais moi j'hesite car j'ai peur qu'il reste devant le round baller de foin 24 h/ 24 h , alors je donne 2 fois par jour . Et chez vous c'est comment Question
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VINVIN80

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MessageSujet: Re: nourriture pour chevaux   Lun 3 Déc 2012 - 18:09

1 Quartier de grosse balle carré le soir au box, la journée en pâture avec ration de
floconné matin et soir.
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bingo



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MessageSujet: Re: nourriture pour chevaux   Lun 3 Déc 2012 - 18:55

au debut que j ai commençé a avoir des chevaux ,ils avaient un round a volonté ,mais depuis que golden fait de l allergie aus poussiéres de foin ,je suis obligée de mouiller le foin donc le soir une baignoire de foin pour les 2 poneys .Pas de granulés ,ils ne travaille pas suffisament . Wink
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quatras76

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MessageSujet: Re: nourriture pour chevaux   Lun 3 Déc 2012 - 20:06

(2l floconné + 1l de luzerne mélassée) matin et soir + foin (de mauvaise qualité) à volonté
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http://nariolo.eklablog.com/
ISA-27



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MessageSujet: Nourriture   Mar 4 Déc 2012 - 7:23

A l'automne, toujours a l'herbe je donne des seaux de minéraux a lécher lors de la mue qui fatigue....

puis après c'est Foin a volonté en round et 1 litre pour l'instant de floconnes avec levure de bière en + par jour le soir....
Pour mes deux petits vieux c'est 1,5 L par jour avec levure de bière et arpagophytum.....
Les carottes vont arrivées prochainement ! Laughing

Articles intéressants , merci
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http://www.chiens-de-france.com/site_eleveur/index.php?ID_ELEVEU
jean louis cosson



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MessageSujet: Re: nourriture pour chevaux   Mer 5 Déc 2012 - 20:50

Dans notre région, le foin de qualité est difficile à récolter. Les éleveurs ne savent pas faire du foin pour chevaux. Ils font du foin pour bovin qui doit être au moins épié pour qu'il soit "piquant" afin d'assurer la motricité du rumen. Du foin pour chevaux devrait être fait dans le première fenêtre météo favorable de fin mai. Impossible donc d'attendre un voisin qui soit disposé à se bouger.... Il faut couper vers 14H après la phase de "respiration" et reprise de la photosynthèse. Il doit être fané dès le soir même.... pour l'aérer et qu'il ne se plaque pas au sol et éviter les remontées d'humidité du sol pendant la nuit. Comme l'herbe est précoce, elle est plus difficile à faner. Le lendemain matin, on repasse la faneuse. Les éleveurs du Jura ou de la plaine de Crau, qui font le meilleur foin, le mettre en andain le soir pour éviter l'humidité du sol qui favorise la culture de champignon (toux au foin)..... Même à cette époque précoce avec une herbe verte, en trois jours s'il y a du vent en fanant tous les matin, le foin est bon à presser. Tout cela si vous le récoltez vous même.
Attention à la chauffe en roum-balleur et l'incendie qui va avec ....

Si vous achetez le foin, il y a des critères à essayer de respecter ou des négociations avec les agriculteurs pour acheter le foin de la toute première coupe qui n'est pas le meilleur pour les bovins.

De même pour les enrubannés qui est un excellent aliment pour les chevaux, mais qui imposent d'autres contraintes,.

Le foin séché en grange pour les chevaux qui toussent, mais à 450€ la tonne....

Les carottes constitue un très bon aliment de même valeur alimentaire, même taux de sucre (primordial pour les chevaux) que la betterave mais pas de la même couleur... et surtout pas au même prix. (carotte : 400€/T, betterave : 25€/T)

tout cela serait un peu long, je vais essayer de prendre du temps pour faire un article complet sur le sujet ) porter aux archives du forum

A+
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demartel

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MessageSujet: Re: nourriture pour chevaux   Mer 5 Déc 2012 - 21:54

Puisque l'on aborde le sujet du foin il me semble , mais cet avis peut-être contredit , que compte tenu de la capacité de valorisation, chez les ânes , de leur aptitude à se goinfrer et à manger sans limite, et leur tendance à l'embonpoint , il est moins important de veiller à la qualité du foin ( il s'entend que je parle ici de la hauteur de l'épi et non pas de foin sain ou moisi ) au contraire .
Pour ces mêmes raisons l'apport de sucre ( betterave carotte pomme pain) est à proscrire.
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jean louis cosson



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MessageSujet: Re: nourriture pour chevaux   Jeu 6 Déc 2012 - 20:51

oui, bien sûr, les anes ont adapté leur métabolisme en suçant des cailloux en Tunisie ou Maroc et on les "condamne" à manger de l'herbe grasse de Normandie, normal qu'ils soient malades.....
Ok pour du foin tardif de juillet bien récolté pour éviter moisisures et mycotoxines. Ou bine plus simplement de la apille, moins cher, moins exigente en stade de récolte, à condition de la distribuer détassée et en ratelier. Donc de la paille alimentaire. J'ai vu souvent des roum-balleurs bien serrés posés au sol et le pauvre âne doit taper à la pioche pour manger ce qu'il a déjà piétiné en évitant les crotins... Je dis aux propriétaires que je ne piétine pas mon repas avant de le manger mais que j'aime bien une assiette....
Jamais de céréales ni de pain à des ânes....

Le critètre d'évaluation de l'état d'entretien se mesure par le pannus adipeux du ligament cervical; il doit être sec sans surcharge graisseuse.
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demartel

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MessageSujet: Re: nourriture pour chevaux   Jeu 6 Déc 2012 - 21:16

Parmi les éleveurs que je connais très peu donnent de la paille, les miens en ont quasiment à dispo toute l'année dans des bacs, leur consommation est très variable.
Par culture on a toujours peur de ne pas assez nourrir nos animaux ( mais c'est la même chose avec nos enfants) peur que ce que l'on leur donne ne leur apporte pas assez ( minéraux ...) c'est probablement le cas pour la paille .
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bingo



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MessageSujet: Re: nourriture pour chevaux   Ven 7 Déc 2012 - 17:41

je commençe a donner un peut de paille de blé au 2 poneys(fjord et conemara) mélangée au foin mais en sec .quand j ai acheté la fjord chez son propriétaire il lui mettais un round de paille a volonté + a l herbe .Trotteur et fjord avait le meme regime alimentaire .avez vous déja essayé confused
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Dominique

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MessageSujet: Re: nourriture pour chevaux   Ven 7 Déc 2012 - 19:08

Moi aussi je donne de la paille à mes poneys ,mais pas encore en libre service ,mais j'y pense , cela ne doit pas etre nocif Question
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Pascal PICARD

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MessageSujet: Les pailles   Sam 8 Déc 2012 - 15:06

Pour de la doc Dominique, ci dessous des réponses concernant la paille.
Nourriture,
Litière,
Pourquoi certaines pailles sont elles traitées?
La lecture des articles étant meilleure en allant sur les liens.
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http://www.jbsol.fr/paille.html
http://www.chevalannonce.com/forums-5249621-paille-d-orge-mauvaise-pour-les-chevaux
http://www.fao.org/docrep/W4988F/w4988f06.htm
La paille

Le foin et la paille font depuis toujours partie de l’alimentation de base du cheval. La paille reste la litière de prédilection dans la majorité des écuries françaises grâce à son bon rapport qualité-prix. Par rapport aux nouvelles litières disponibles, la paille a le gros avantage de servir également de fourrage de complément. Elle doit être saine et de bonne qualité (non moisie et non poussiéreuse) afin d’éviter les problèmes respiratoires chez les chevaux comme chez les humains.
Pour une écurie qui accueille des clients, la propreté et le paillage des boxes est un signe extérieur important qu’il ne faut pas négliger.
Les avantages de la paille

Une litière en paille permet au cheval de mastiquer ; même si elle apporte très peu au niveau nutritif, elle fournit une partie des fibres nécessaires au cheval et apporte le lest favorisant la digestion. La paille est relativement peu onéreuse, elle est confortable et chaude en hiver. Elle reste un fourrage simple à utiliser et le fumier peut être facilement recyclé.
Quelle paille

En France, la plupart des chevaux sont sur litière de paille de céréales et l’on privilégie la paille de blé. La paille doit provenir de céréales récoltées à maturité ; elle doit avoir été pressée totalement sèche et être stockée à l’abri de l’humidité. Une belle paille doit être dorée, dégager une odeur agréable, être fraîche et légèrement piquante. Elle doit toujours être exempte de moisissures pouvant entraîner des problèmes pulmonaires.
Les quantités

Un cheval qui est sur une litière de paille de blé consomme en moyenne 3 à 4 kg de paille par jour. Pour le confort et l’hygiène, les boxes doivent être paillés abondamment. Chaque jour une part de grosse balle rectangulaire ou une petite botte pour un boxe de 3x3 mètres est ajoutée après l’évacuation des crottins et de la paille souillée.
L'entretien

Une bonne litière de paille doit être composée de paille de qualité et être entretenue de façon régulière. Il est impératif de nettoyer la litière afin d’éviter la prolifération des moisissures, de la poussière, des acariens ou les émanations d’ammoniac.
Chaque jour, il faut évacuer crottins et paille souillée.
Un nettoyage hebdomadaire en profondeur est effectué en sortant le cheval de son boxe.
Le conditionnement

Pour un particulier, les petites balles pick-up de 25 kilogrammes environ, sont les plus pratiques à manipuler.
Les balles rectangulaires de 230, 300 ou 400 kilogrammes sont fort pratiques dans une grande écurie tout comme les grosses balles de paille rondes qui se déroulent facilement.
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http://www.chevalannonce.com/forums-5249621-paille-d-orge-mauvaise-pour-les-chevaux

Paille d'orge mauvaise pour les chevaux?
Posté le 26/06/2012 à 08h35
j'ai fait quelques recherches...

la paille d'orge est effectivement "dangereuse" pour les chevaux, à plusieurs niveaux :

- les épis sont durs et peuvent provoquer des dégats dans le système digestif
- la paille d'orge est beaucoup plus nutritive que la paille de blé, attention aux coliques, aux fourbures, etc...
- la pailel d'orge contient plus de poussière que la paille de blé, absolument pas conseillée aux chevaux allergiques ou avec problèmes respiratoires.

Paille d'orge mauvaise pour les chevaux?
Posté le 26/06/2012 à 08h37
L'utilisation de la paille d'orge est à double tranchant...
Les chevaux l'apprécie beaucoup plus d'un point de vu gustatif, ils seront donc plus enclin à en manger, donc attention aux risques de colique qui sont du coup, plus élevés...

Edité par vico29 le 26-06-2012 à 08h37

Paille d'orge mauvaise pour les chevaux?
Posté le 26/06/2012 à 11h05 Répondre avec citation

Paille d'orge mauvaise pour les chevaux?
Posté le 26/06/2012 à 11h29
Il faut distinguer 2 choses :
la valeur "alimentaire" et la valeur comme litière.

alimentairement :
la paille d'orge est plus nourissante
les barbillons de l'orge peuvent "irriter" la trachée du cheval
elle est plus appétante = les chevaux en mangent plus
s'il reste du grain, c'est de l'orge = aucun risque, alors que s'il reste du blé dans la paille de blé => danger !

comme litière :
çà fait une litière très "gonflante" = chaude et esthétique
TB couleur dorée
absorbe bien
par contre une fois "détrempée", se tient moins que la paille de blé = box + long à vider.

moi j'aime bien la paille d'orge, qu'on trouve souvent plus facilement que la paille de blé par chez moi.
J'aime aussi beaucoup la paille d'avoine qui est quasi-introuvable malheureusement ....

Paille d'orge mauvaise pour les chevaux?
Posté le 26/06/2012 à 13h25 Répondre avec citation
la paille d'avoine est la meilleure de toutes !
Pour l'orge, il faut vraiment faire attention car les qualités décrites ci-dessus peuvent être dangereuses pour certains chevaux.
Sans parler de la poussière...
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http://www.fao.org/docrep/W4988F/w4988f06.htm

Dans les pays tropicaux, le traitement des fourrages à l'ammoniac reste limité pour les raisons essentielles suivantes:

· l'ammoniac anhydre est souvent inexistant et il est difficilement concevable de l'importer aux seules fins de traitement;

· comme on l'a vu plus haut la technique de traitement nécessite un matériel coûteux (citernes spéciales, moyens de transport, plastique) et des voies d'accès chez les paysans (route) qui font souvent défaut;

· ce type de traitement demande un certain niveau de technicité que le paysan ne possède pas. Tributaire d'un agent de développement, le paysan ne serait pas assez autonome pour réaliser lui-même ses traitements;

· enfin le traitement n'est pas dénué de risques: la manipulation de l'ammoniac anhydre, gaz toxique, est souvent délicate et nécessite un matériel parfaitement entretenu.

Pourtant ce même ammoniac peut aussi être généré sans aucun risque à partir de l'urée classiquement utilisée comme engrais (46 N). Cette source d'ammoniac a l'avantage, sur la précédente, d'être universellement répandue, facile à transporter, à stocker et à manipuler et moins coûteuse. La majorité des pays d'Afrique et d'Asie l'utilisent comme engrais pour la fertilisation des cultures vivrières (maïs, sorgho, mil, riz,...). Il est donc disponible localement.
4.1. Principe

Le traitement à l'urée (source génératrice d'ammoniac) est une technique simple et très facilement maîtrisable par le paysan. Elle consiste à incorporer par arrosage une solution d'urée au fourrage grossier sec et à recouvrir l'ensemble avec les matériaux étanches localement disponibles.

En présence d'eau et d'enzyme, appelée uréase et, s'il fait suffisamment chaud, l'urée est hydrolysée en ammoniac gazeux et en gaz carbonique selon la réaction enzymatique simplifiée suivante:
chaleur
CO (NH2)2
+
H2O
------->
2 NH3
+
CO2
uréase
urée
eau
ammoniac
gaz carbonique

Lorsque l'hydrolyse est complète, une molécule d'urée (c'est à dire 60 g) génère deux molécules d'ammoniac (c'est à dire 34 g).

5 kg d'urée permettent donc de produire 2,83 kg d'ammoniac.

C'est l'ammoniac ainsi généré qui effectuera le traitement (alcalin) proprement dit en diffusant progressivement dans la masse du fourrage. Il agira de la même manière que l'ammoniac anhydre sur le matériel végétal:

· solubilisation des glucides pariétaux (notamment les hémicelluloses).

· gonflement du matériel végétal en milieu aqueux, facilitant l'accès des microorganismes cellulolytiques du rumen.

· diminution de la résistance physique des parois, facilitant le travail de mastication par l'animal et la digestion par les microbes.

· comme dans le cas du traitement à l'ammoniac anhydre le fourrage sera en outre enrichi en azote.

Il en résultera pour le fourrage une augmentation de sa digestibilité (de 8 à 12 points), de sa valeur azotée (qui sera plus que doublée) et de son ingestibilité (de 25 à 50%), donc de sa valeur alimentaire.
4.2. Facteurs de réussite du traitement à l'urée

4.2.1. Présence d'uréase
4.2.2. Dose d'urée
4.2.3. Quantité d'eau à rajouter
4.2.4. Température ambiante et durée de traitement
4.2.5. Qualité initiale du fourrage à traiter
4.2.6. Herméticité du milieu de traitement

Le traitement dit à l'urée est basé sur la transformation de l'urée en ammoniac. Pour qu'un tel traitement soit réussi, il faut d'abord que la majorité de l'urée apportée soit hydrolysée en NH3 et ensuite que ce dernier diffuse correctement pour se fixer sur le fourrage et le modifier chimiquement. Il convient donc de réunir les conditions favorables à une bonne uréolyse et à un bon traitement ammoniacal sachant que ces deux processus prendront place simultanément dans la masse du fourrage.

Les conditions de réussite du traitement alcalin ayant déjà été étudiées, l'objet de ce chapitre est d'étudier plus en détail les conditions de réussite de l'uréolyse eh voyant comment cette dernière peut éventuellement affecter le traitement ammoniacal proprement dit.

Les conditions pratiques de la réussite du traitement sont la présence d'uréase, la dose d'urée (qui va déterminer la dose d'ammoniac à laquelle sera traité le fourrage), l'humidité, la température et la durée du traitement, l'herméticité du milieu de traitement et, enfin, la qualité initiale du fourrage à traiter. Elles sont interdépendantes et il est difficile de les dissocier les unes des autres.

4.2.1. Présence d'uréase

L'hydrolyse de l'urée est une réaction enzymatique qui ne peut s'effectuer qu'en présence d'uréase, enzyme "coupant" la molécule d'urée. Cette réaction est très complexe.

L'uréase est produite par les bactéries uréolytiques. Ces dernières sont présentes dans le sol et, aussi, dans les urines et les déjections humaines et animales (l'uréase est présente dans le rumen). Ainsi, en milieu agricole et paysan, l'uréase présente dans le milieu (encore appelée d'origine tellurique) ne fera généralement pas défaut et viendra contrebalancer sa teneur parfois insuffisante dans les pailles (cf, entre autres les travaux de WILLIAMS et al., 1984 a et b et de YAMEOGO et al., 1993).

Les conditions de traitement doivent ainsi favoriser le développement des bactéries uréolytiques au sein du fourrage traité: humidité, température, durée, au détriment des microorganismes susceptibles de provoquer des moisissures et des putréfactions.

Le seul cas (§423) où il peut être nécessaire d'en ajouter artificiellement est celui du traitement à l'urée effectué en présence de quantités très réduites d'eau et à des températures tempérées, voire fraîches.
4.2.2. Dose d'urée

Les premiers traitements de paille à l'urée ont fait l'objet de nombreuses controverses en ce qui concerne les doses d'urée à appliquer car on minimisait le degré d'uréolyse et, par là, la quantité d'ammoniac produite - elle seule responsable de l'efficacité du traitement alcalin - (cf chap. 3). Il est maintenant bien établi que les doses optimales se situent entre 4 et 6 kg d'urée par 100 kg de paille brute, ce qui correspond à un traitement ammoniacal se situant entre les valeurs de 2,4 et 3,4 kg d'NH3 par 100 kg de paille brute (soit, si la paille a une teneur en matière sèche de 90%, des doses d'NH3 comprises entre 2,7 et 3,8 kg par 100 kg de MS de paille). Elles correspondent à celles recommandées pour le traitement à l'ammoniac anhydre.

Des doses d'urée plus élevées n'entraînent pas d'amélioration supplémentaire significative de la valeur alimentaire de la paille (SCHIERE et IBRAHIM, 1989). Ces derniers auteurs ont même été jusqu'à vulgariser au Sri Lanka des doses de 4% d'urée. La controverse en la matière est très certainement à rechercher dans l'ensemble des raisons suivantes:

· le traitement à l'urée s'effectue à une humidité plus élevée que celui effectué à l'ammoniac anhydre. A dose d'NH3 égale, il est donc plus efficace, et la tendance est de réduire la dose d'urée;

· le traitement alcalin, s'il est plus efficace, est plus lent que celui à l'ammoniac car il s'effectue en présence des composés intermédiaires (carbamates) de la production de l'ammoniac. Or ces derniers freinent la fixation de l'NH3 et l'hydrolyse des parois végétales (SAHNOUNE, 1990). La majorité des travaux sur le traitement à l'urée ont été effectués en régions chaudes donc sur des durées assez courtes (10 j à 3 semaines). Même si la température accélère la vitesse de traitement (§424), il est possible que le traitement ne soit pas achevé. La "réponse" à des doses d'urée plus élevées peut ainsi ne pas s'exprimer totalement. La conclusion "hâtive" est alors de ne traiter qu'à des doses moins élevées.

· comme l'a montré (SAHNOUNE, 1990), l'hydrolyse de l'urée peut s'arrêter ou ralentir lorsque la quantité d'ammoniac libre (non encore fixée) à l'intérieur de la masse traitée est importante. Il est ainsi vraisemblable que pour des doses d'urée élevées et des durées de traitement courtes la réponse à la dose d'urée puisse ne pas être décelée, la totalité de l'urée n'ayant pas eu le temps de se transformer.

· enfin, la réponse du traitement alcalin dépend de la qualité initiale du fourrage à traiter (chapitre 3). Il est vraisemblable que des doses considérées comme optimales sur certaines pailles de riz ne le soient plus sur certaines pailles de blé ou certains fourrages naturels.

En outre, elles augmentent le coût du traitement chez des paysans dont les moyens financiers sont limités.

Des tentatives ont été faites pour diminuer la dose d'urée à 2-3% en y associant de la chaux, Ca(OH)2 qui favoriserait l'hydrolyse de l'urée mais, surtout, le traitement alcalin. Les travaux sur cet aspect sont encore au stade des essais et les références sur la réponse des animaux sont encore trop rares pour pouvoir vulgariser la technique (ZAMAN et OWEN, 1990; WANG et FENG, 1993; KAYOULI, 1994 a et b). Un essai récent de BUI VAN CHINH et al. (1994) au Vietnam avec une paille de riz traitée à raison de 2,5 kg d'urée, 0,5 kg de chaux et 0,5 kg de sel donne toutefois des résultats intéressants sur des bovins en croissance (§7332).

En conclusion et en pratique, la majorité des travaux et des observations de terrain conduit à recommander la dose de 5 kg d'urée par 100 kg de fourrage en l'état (ramassé sec). Elle a été largement utilisée avec succès dans les différents cas pratiques auxquels nous avons été confrontés.

4.2.3. Quantité d'eau à rajouter

L'hydrolyse de l'urée ne peut s'effectuer qu'en présence d'eau. La quantité d'eau à ajouter dans le fourrage est donc un facteur déterminant de la réussite du traitement.

L'hydrolyse de l'urée s'effectue d'autant mieux qu'il y a plus d'eau. Comme cette réaction a lieu en milieu complexe constitué de fourrages dans lesquels la solution d'urée est incorporée, il existe des limites pratiques à cette humidité. Or les travaux sur la compréhension de l'uréolyse en milieu hétérogène (eau plus fourrages) sont très peu nombreux (WILLIAMS et al., 1984 a et b; SAHNOUNE et al., 1991 et 1992; YAMEOGO et al., 1993; entre autres).

C'est pourquoi, tant dans les pays tempérés que dans les pays tropicaux, les travaux ayant cherché à définir la quantité d'eau idéale à ajouter sont parfois contradictoires (WILLIAMS et al., 1984; WAISS et al., 1972; SUNDSTOL et al, 1978; SCHIERE et IBRAHIM, 1989; MANDELL et al, 1988; SAHNOUNE et al, 1989; REDDY et al, 1989; ALHASSAN et ALIYU, 1991; STIEFEL et al., 1991; MAO et FENG, 1991; NYARKO et al, 1993; CHENOST, 1993; KAYOULI, 1988, 1994 a et b).

L'élément de décision pratique est moins la quantité d'eau à ajouter que le taux d'humidité le meilleur possible. L'ensemble des travaux de recherche, des essais et des observations en vraie grandeur permet d'affirmer que pour réussir l'uréolyse complète en milieu hétérogène,

l'humidité finale du traitement ne devrait jamais être inférieure à 30 p.100 (ou, exprimé autrement, la teneur en matière sèche finale du fourrage traité jamais supérieure à 70 p.100).

La limite supérieure de cette humidité tient aux raisons suivantes:

· il est pratiquement impossible d'ajouter des quantités trop importantes d'eau sur de la paille. Les pertes de solution par ruissellement seraient trop importantes et, surtout, la masse du fourrage serait trop molle,

· l'ammoniac généré doit diffuser correctement dans la masse du fourrage. Or l'ammoniac étant hygroscopique, il risquerait d'être "piégé" par l'eau avant de se fixer sur les parois végétales,

· une masse trop humide favorisera le développement de moisissures si l'herméticité n'est pas parfaite,

· un apport excessif d'eau favorisera le lessivage de l'urée vers le fond du silo dans le cas de fourrages peu absorbants, provoquant un surdosage et, même, un pourrissement du fourrage dans les parties inférieures du silo, augmentant le risque d'intoxication des animaux.

En revanche,

· l'humidité facilite le tassement de la masse de fourrage et, par conséquent, une meilleure évacuation de l'air et un milieu plus ammoniacal si l'enceinte de traitement est bien hermétique. Cet aspect texture/tassement sera évoqué au §43.

l'humidité finale ne devra ainsi jamais être supérieure à 50 p.100.

Elle devra donc se situer dans la fourchette 30-50 p.100.

Le tableau 3 donne un exemple concret des quantités d'eau minima et maxima à ajouter suivant la teneur en matière sèche de la paille. Une faible variation de cette dernière peut entrainer des différences importantes dans les quantités d'eau à rajouter. Il conviendra d'être très vigilant en zone tropicale sahélienne où non seulement les pailles ou les fourrages naturels sont très secs (MS% souvent supérieur à 92) mais où le degré hygrométrique de l'air est très bas favorisant une évaporation rapide et intense. Il faudra être vigilant, dans l'autre sens, dans le cas des pailles tempérées plus humides (teneur en MS% de 85, voire même moins).

Tableau 3: Quantité d'eau en là rajouter à 100 kg de paille pour obtenir une humidité finale de 30 et 50% suivant la teneur MS de la paille

Eau à ajouter (l/100 kg de paille)

MS p100 de paille initiale

dans le cas d'un traitement à 5 kg d'urée pour 100 kg de paille brûle

Exemple: calcul de la quantité d'eau à ajouter à une paille d'une teneur en MS de 90%, traitée avec 5 kg d'urée, pour atteindre une humidité finale de 30%

humidité
= 30% soit MS = 70%
MS%
= (90 + 5)/(100 + 5 + x) = 70/100
= poids sec (paille + urée)/poids total (paille + urée + eau ajoutée)
x
= 30 litres
La décision d'ajouter plus (pailles et atmosphère ambiante très sèches) ou moins (pailles manifestement moins sèches) d'eau, dans les limites indiquées plus haut, dépendra de l'appréciation de facteurs spécifiques propres à chaque situation:

· ne pas restreindre l'eau si elle n'est pas limitée: d'une part le tassement n'en sera que facilité et, d'autre part le maintien d'une humidité correcte dans la masse du fourrage n'en sera que favorisé si l'atmosphère est sèche et que les matériaux de couverture disponibles sont peu performants?

· ne pas en mettre trop si les pailles ne sont pas trop sèches et que les conditions atmosphériques risquent d'humidifier le milieu de traitement?

En conclusion et pratiquement, la quantité d'eau recommandable à ajouter est de 50 litres d'eau par 100 kg de fourrage en l'état (pendant la saison sèche). Cette quantité a d'ailleurs largement fait ses preuves dans de très nombreuses situations. Il n'y a aucun problème à ce qu'elle se situe entre 40 et 80 l.

4.2.4. Température ambiante et durée de traitement

La température ambiante joue un rôle déterminant sur la durée du traitement à travers son influence sur

· le développement des bactéries uréolytiques,

· la vitesse et l'intensité de la réaction d'uréolyse (la vitesse est doublée à chaque augmentation de la température de 10°C, elle est inversement ralentie de moitié à chaque diminution de 10°C),

· l'efficacité du traitement alcalin.

Le traitement alcalin (§32) est correctement réalisé au bout d'une semaine à des températures supérieures ou égales à 30°C et au bout de une à quatre semaines à des températures comprises entre 15 et 30°C. Aux remarques près évoquées au §32, ces durées sont donc les mêmes pour le traitement à l'urée dans la mesure où, toutefois, la réaction d'uréolyse s'est elle-même déroulée normalement entre temps.

La température idéale de l'uréolyse est de 30 à 40°C (30°C est d'ailleurs la température de référence pour le dosage de l'urée par action de l'uréase en laboratoire).

A des températures supérieures à 25-30°C, l'uréolyse est achevée au bout de quelques jours en milieu hétérogène, du moins dans la mesure où l'humidité n'est pas limitante. C'est ainsi qu'à des températures ambiantes comprises entre 30 et 40°C, l'efficacité du traitement est maximale au bout d'une semaine. STIEFEL et al (1991), en Inde, ont observé sur paille de riz traitée à 4-5 kg d'urée et 60 litres d'eau pour 100 kg de paille, la même efficacité de traitement sur des durées très courtes de 8, 5 et même 4 jours.

A des températures ambiantes plus basses l'activité des bactéries uréolytiques est ralentie et l'uréolyse est plus lente. Ainsi, dans le cas des pays tempérés ou des hauts plateaux tropicaux comme Madagascar ou la région du Kilimandjaro où, malgré des journées chaudes, les nuits peuvent être très fraîches (il peut même geler) pendant la période des traitements, il convient de respecter des délais plus longs. Ces derniers sont sensiblement les mêmes que ceux imposés pour un bon traitement alcalin. Des traitements de 3 semaines se révèlent suffisants puisqu'on ne constate que de très faibles teneurs en urée résiduelle et une augmentation correcte de la digestibilité (tableau 4). Cinq semaines y ont été recommandées comme sécurité. En effet, et nous l'avons bien montré (fig. 12) sur des pailles traitées au mois de septembre en Auvergne (nuits fraîches) l'efficacité du traitement, mesurée en termes de digestibilité in vivo, s'améliore encore avec la durée du traitement. MAO et FENG (1991) ont observé, en Chine, que l'hydrolyse de l'urée est quasi-complète après trois semaines à 25°C, alors qu'à 15°C il était nécessaire d'attendre au moins deux mois pour avoir un traitement correct.

Tableau 4: Teneurs en matières azotées totales, degré d'uréolyse et digestibilité de quelques échantillons de pailles et de fourrages pauvres traités en conditions d'exploitation suivant diverses modalités pratiques dans différents projets de développement. (Chenost. 1993: Chenost et al., 1993: Kayouli. 1994 a et b et 1995)

Figure 12: Evolution avec le temps de la digestibilité in vivo de la matière organique (dMO) d'une paille de blé traitée à l'urée seule (U), ou additionnée de soja cru (US), de mélasse (UM), ou de soja et de mélasse (USM). Comparaison avec la paille non traitée (NT) et traitée à l'ammoniac (NH3). (Chenost et Besle. 1993).

(Quantités utilisées pour 100 kg de paille à 90% MS: urée: 6 kg, mélasse: 14 kg, soja: 1,2 kg, NH3: 3,5 kg. Quantités d'eau calculées pour atteindre une humidité finale de 25 p.100 pour chaque traitement)

L'adjonction d'une source d'uréase, telle que la farine de soja cru ou, mieux encore, le Canavalia ensiformis (Jack bean) qui en sont très riches, accélère la réaction d'uréolyse en venant compenser la déficience des bactéries uréolytiques et réduit la durée de traitement (SAHNOUNE et al, 1991; CHENOST et BESLE, 1992). Il a été démontré qu'à des températures supérieures à 25°C et, surtout, à des teneurs en humidité supérieures à 25-30%, cette addition n'est plus nécessaire (WILLIAMS et al., 1984 a et b; SAHNOUNE et al, 1991; IBRAHIM et al, 1984; CHERMITI, 1994).

En pratique: la température ambiante dans les pays tropicaux est élevée et n'est pas un facteur limitant pour le traitement à l'urée, sauf dans les cas particuliers d'altitude. L'addition d'uréase, qui ne peut qu'engendrer des frais supplémentaires pour le paysan, n'est pas nécessaire aux humidités pratiquées. Aux doses de 5 kg d'urée solubilisée dans 50 litres d'eau pour traiter 100 kg de fourrages secs, les températures tropicales sont idéales à la fois pour l'uréolyse et le traitement alcalin qui peuvent ainsi être réalisés,

· en deux semaines pour les régions tropicales sèches ou humides de plaine,
· en trois à cinq semaines en zones tropicales de montagne, ainsi qu'en zones méditerranéennes où les températures peuvent chuter la nuit.

4.2.5. Qualité initiale du fourrage à traiter

Le traitement à l'ammoniac répond d'autant mieux que le fourrage est pauvre (§324). Il en est donc de même pour le traitement à l'urée. (CHENOST et DULPHY, 1987; TUAH et al, 1986; KIANGI et al, 1981; DIAS - DA - SILVA et GUEDES, 1990; BA, 1993; COLUCCI et al., 1992; SCHIERE et IBRAHIM, 1989).

En pratique: Les principaux fourrages auxquels on aura à faire sont les pailles de céréales à petits grains (riz, blé,...), les tiges de céréales comme le maïs, le sorgho, le mil,... ainsi que les graminées locales ramassées en saison sèche (pailles de brousse), ou encore des foins médiocres comme ceux de vesce-avoine en zone méditerranéenne. Bien que, dans l'état actuel des connaissances, il soit difficile de distinguer une bonne paille d'une mauvaise paille et, surtout, l'aptitude d'une paille à répondre au traitement, on ne fera pas d'erreur en la traitant et sa valeur alimentaire n'en aéra qu'améliorée.

D'une manière générale les pailles d'orge sont meilleures que les pailles de blé, dur ou tendre. Aussi certains spécialistes du Maroc recommandent-ils de ne pas traiter les pailles d'orge pour mettre en revanche plus l'effort sur les pailles de blé.

Il est généralement recommandé de ne traiter que des fourrages "morts" (desséchés et pas verts) non humides afin d'éviter les erreurs de surdosage d'eau et d'urée. Certains essais pratiques de sauvegarde de foins humides au Cameroun (LHOSTE, communication personnelle) et de traitement de pailles de mil et de sorgho juste après récolte (MS p.100 de 60) au Burkina Faso (ACHARD, communication personnelle) ont toutefois déjà été réalisés avec succès en incorporant une solution d'urée en petites quantités. Il conviendra d'être très vigilant avant de généraliser cette pratique.
4.2.6. Herméticité du milieu de traitement

Le dernier facteur de réussite du traitement est l'herméticité de l'enceinte de traitement, tant du point de vue des pertes de la solution d'urée introduite ou de l'ammoniac généré que du point de vue du maintien de l'anaérobiose (garantie contre le développement de moisissures au sein de la masse de fourrage traité qui est humide). En effet l'ammoniac, plus léger que l'air, diffuse dans la masse de fourrage et a tendance à s'échapper quand la paille n'est pas suffisamment tassée et l'enceinte pas suffisamment étanche. La pression d'NH3 généré progressivement à partir de l'urée au sein de la masse de fourrage est toutefois beaucoup moins importante que dans le cas du traitement par injection d'NH3 anhydre gazeux.

Aussi l'étanchéité de l'enceinte de traitement est-elle relativement moins importante pour les traitements à l'urée que pour le traitement à l'ammoniac anhydre. Du type d'enceinte dépendra la réalisation de l'herméticité tant des parois que de la couverture. Nous étudierons cet aspect en même temps que les modalités pratiques du traitement à l'urée.

4.3. Considérations pratiques sur le traitement à l'urée

4.3.1. Les types de traitements et de stockage
4.3.2. Les opérations pratiques du traitement
4.3.3. Calendrier des travaux et traitement à l'urée
4.3.4. Autres traitements à l'urée: Utilisation de l'urine

L'objet de ce paragraphe est de suivre la réflexion et les questions qui se posent au moment de choisir les modalités de mise en oeuvre de la technique. Ces modalités doivent être adaptées aux conditions locales, les plus simples et les plus efficaces possible, et répondre aux principes de base étudiés plus haut.

L'ensemble des résultats expérimentaux et des résultats de "terrain" acquis dans différentes conditions agro-climatiques et socio-économiques, en particulier d'Afrique, d'Asie et à Madagascar, montrent bien que:

il n'existe pas de solution standard, universelle, mais des solutions raisonnées suivant les conditions spécifiques propres à chaque situation.

Celles-ci ont été évoquées dans différentes publications ou rapports (SCHIERE et IBRAHIM, 1989, DOLBERG et al., 1981 a et b; KAYOULI, 1988, 1994 a et b; CHENOST, 1993, 1995), nous en examinerons quelques unes à titre d'exemples.
4.3.1. Les types de traitements et de stockage

La stratégie et le type de traitement vont dépendre des trois points suivants:

· du conditionnement de la paille ou du fourrage à traiter:

· en vrac: haché ou en brins longs,
· en gerbes: mécaniques ou manuelles,
· en balles pressées.

· de la quantité de fourrage à traiter, elle même dépendant du nombre d'animaux et du temps pendant lequel ceux-ci recevront le fourrage traité,

· des possibilités matérielles et financières de l'éleveur et de sa disponibilité (calendrier des travaux agricoles).

En outre le fourrage traité peut se conserver pendant plusieurs mois si la masse de fourrage traité est bien refermée après chaque ouverture pour la reprise. Il serait par conséquent possible de traiter en une seule fois tout le fourrage nécessaire pour tous les animaux pendant toute la saison sèche. Cela n'est pas toujours faisable.

Il va donc en découler différents types de traitements et de stockage.

Nous nous proposons d'abord de les passer en revue et ensuite d'en décrire les modalités de mise en oeuvre.

a) Le trou ou la fosse

C'est un dispositif simple et peu coûteux, mais qui peut conduire à de grosses erreurs s'il n'est pas raisonné et maîtrisé.

Il ne peut s'envisager que dans des sols lourds et fermes dont la coupe est franche et n'entraîne pas de désagrégation des parois et que dans des parties topographiquement surélevées ou, tout au moins, ne présentant aucun risque d'entrée d'eau soit par ruissellement (éviter les creux) soit par infiltration souterraine (éviter la proximité des rizières ou des plans d'eau). Il est à proscrire dans le cas de sols légers ou sableux dont les parois se désagrègent facilement et s'éboulent et dans les cas où le fourrage, une fois traité, sera utilisé jusqu'en début de saison des pluies (infiltration, moisissures).

Ces trous ont fait leurs preuves en saison sèche dans certains pays (Tanzanie, Madagascar,...) où les sols ferralitiques sont cohérents et où les paysans (particulièrement Madagascar) sont très familiers du travail de ces sols par creusement (avec l"angady", une bêche à lame longue et étroite). Ils peuvent être tapissés avec des feuilles de bananier (photo 7) ou des bandes de plastique (photo Cool.

Photo 7: traitement à l'urée par la technique de la fosse: l'herméticité est réalisée, ici, avec des pétioles (on peut aussi utiliser les limbes) de bananier (Tanzanie). Photo. Chenost.

Photo 8: traitement à l'urée par la technique de la fosse: l'herméticité est réalisée avec des bandes de plastique tressé utilisé pour ta fabrication des sacs (Madagascar). Photo. Chenost.

Ils ne doivent être ni trop profonds (problèmes de reprise du fourrage traité) ni trop grands (problèmes de couverture, risque d'exposition aux éventuelles pluies). Des dimensions de 2 m x 1 m sur 1 m de profondeur conviennent parfaitement.

Ce sont donc des dispositifs à n'utiliser que pour des petites quantités (200 à 300 kg) de fourrage à traiter.

Nous ne recommandons généralement pas les fosses compte tenu du travail important nécessaire pour les creuser et des risques d'inondation en saison des pluies qui entraîne une perte de fourrages et/ou la détérioration de la fosse.

b) Tranchée semi-enterrée

C'est toujours un trou (pas de murs construits) mais creusé dans un talus ou une déclivité de terrain. Les deux avantages par rapport au trou sont l'accès plus direct et les risques de contamination par l'eau moins importants.

Là aussi il faut des sols fermes argileux. Les tranchées sont réalisées avec succès sur les hauts plateaux malgaches dont la topographie des sols est parfaitement appropriée.

c) Silo couloir

Par rapport au trou ou à la tranchée le couloir implique une élévation de parois (de murs).

Le coût de ces silos dépendra de leur taille mais, surtout, de la nature des matériaux utilisés pour construire les murs. Ceux-ci peuvent être construit en briques cuites ou parpaings.

Ces silos sont efficaces mais nécessitent un certain investissement (briques, ciment) dont le coût ne peut pas toujours être supporté par tous les paysans.

C'est ainsi qu'une solution locale a été développée à grande échelle au Niger, depuis 1988 (KAYOULI, 1988), reprise ensuite dans d'autres pays d'Afrique (dont la Mauritanie et Madagascar). Il s'agit de murs construits en briques de banco (photo 9). Le banco est un aggloméré de terre et de paille (ou autre produit fibreux) fabriqué par les paysans et fréquemment utilisé pour leurs habitations (cases, greniers de stockage, murs de la cour, etc....). La construction du silo peut être isolée ou s'appuyer sur un mur déjà existant dans la cour (photo 10); elle ne demandera plus dans ce cas que les deux murs latéraux. Si le silo est grand, une petite porte peut être aménagée sur un des murs pour faciliter les opérations de traitement et de reprise du fourrage. Le silo en banco est très performant. Il est tout à fait adapté aux zones sahéliennes et soudaniennes de l'Afrique où il est très couramment utilisé.

Photo 9: traitement à l'urée dans des batteries de deux silos en banco (Mauritanie). Photo. Chenost.

Photo 10: traitement à l'urée dans des batteries de deux silos en banco (Mauritanie). Photo. Chenost.

d) Silos en tiges de mil, de sorgho ou de maïs

Dans les zones du Sahel, les paysans ramassent souvent une partie des tiges de céréales pour confectionner des clôtures et des constructions d'habitation. C'est sur ce principe qu'a été développée, dans certaines régions du Niger, l'utilisation des palissades traditionnelles en tiges de mil tissées pour réaliser des silos comparables aux enclos traditionnels. Ces palissades sont renforcées par des piquets en bois et doublées de nattes d'Andropogon gayanus, tressé (seko) (photo 11) par les paysans, sur les parois intérieures pour assurer une étanchéité minimum. Ce système est particulièrement adapté en zones pastorales sahéliennes.

Photo 11: réalisation d'une enceinte en séko pour le traitement à l'urée (Niger). Photo. Kayouli.

e) Paniers en bambou

Le bambou (malais bambu) est une graminée très utilisée par les paysans dans de nombreux pays d'Asie pour les constructions d'habitations, de clôtures, etc.... Des grands récipients ou cylindres (appelés "baskets" - paniers) en bambou dont les parois ont été préalablement enduites de bouse de vaches ou de buffles pour améliorer l'étanchéité ont été utilisés efficacement au Bangladesh (DOLBERG et al, 198 la et b) pour traiter des pailles (photo 12).

Photo 12: paniers et abris pouvant servir pour le traitement des pailles à l'urée (Cambodge). Photo. Kayouli.

Photo 12': paniers et abris pouvant servir pour te traitement des pailles à l'urée (Cambodge). Photo. Kayouli.

f) Silos en bois et en bambou

La plupart des paysans de Thaïlande, du Laos, du Nord du Vietnam et du Cambodge stockent leur pailles de riz dans des enclos en bois ou en tiges de bambou. Ces enclos couverts par un toit incliné sont souvent surélevés sur pilotis ou planchers en bois pour éviter la pénétration des eaux de ruissellement et l'accès des animaux. Ce type de stockage est utilisé avec succès au Laos pour le traitement des pailles à l'urée. L'étanchéité des parois est assurée en les doublant de matériaux locaux tels que feuilles de bananier, branches de cocotier, sacs d'engrais usagés, ou nattes tressées en bambou (palissades traditionnelles) ou en paille elle-même (photos 13,14,15 et 16).

Photo 13: grenier abrité sur pilotis aménagé pour le traitement à l'urée grâce à des bandes de plastique et des nattes tressées (Cambodge). Photo. Kayouli.

Photo 14: silo local en charpente de BOIS et en murs de nattes tressées pour le traitement à l'urée (Cambodge). Photo. Kayouli.

Photo 15: abri local aménagé pour le traitement à l'urée grâce a des murs en gerbes de paille (Cambodge). Photo. Kayouli.

Photo 16: aménagement d'un grenier sur pilotis pour le traitement des pailles à l'urée (Cambodge). Photo. Kayouli.

Photo 16': aménagement d'un grenier sur pilotis pour le traitement des pailles à l'urée (Cambodge). Photo. Kayouli.

g) Constructions existantes mais non utilisées: cases, grenier,...

Toute construction en dur, en banco ou en tiges de céréales peut bien sûr servir d'enceinte pour le traitement à l'urée dans la mesure où on s'est assuré préalablement de l'étanchéité de ses parois.

h) Autres possibilités

Une méthode de stockage de paille ramassée en vrac avait été récemment développée avec succès au Niger par PEYRE de FABREGUES et DALIBARD (1990). Il s'agit de meules consolidées sur leur pourtour par une armature en grillage métallique de type Ursus, non recouvertes mais arrondies sur le sommet pour éviter les infiltrations d'eau de pluie. Ce type de meule pourrait être utilisé pour traiter à l'urée dans la mesure où l'herméticité serait assurée par badigeonnage de boue, de lisier ou de banco.

Des poches de butyle, supposant certes un investissement au départ mais réutilisables car résistantes et de surcroît facilement transportables, peuvent également être utilisées pour des petites quantités comme l'ont fait la Syrie et la Jordanie (photo 17) pour leurs essais de démonstration. Des dimensions d'1 à 1,5 m de diamètre et 1,5 m de long (volume utile de 1,50 à 2,25 m3) permettent de traiter de 150 à 200 kg de paille hachée quand on les remplit sur une hauteur de 1 m (de façon à disposer d'un rabat de 50 cm pour les fermer).

Photo 17: démonstration de traitement à l'urée dans une poche de butyle (Jordanie). Photo. Chenost.

i) Meules traditionnelles de paille en gerbe:

Dans certains pays d'Asie et à Madagascar les paysans confectionnent des petites gerbes de 200 à 300 g avec leurs pailles de riz. Ils les empilent selon des couches croisées en meules de forme parallélépipédique ou ronde dont les gerbes du haut inclinées servent de toit (photos 18 et 19).

Photo 18: meules de pailles traditionnelles avec auto couverture par des gerbes inclinées en toit (Cambodge). Photo. Kayouli.

Photo 19: meules de pailles traditionnelles avec auto couverture par des gerbes inclinées en toit (Cambodge). Photo. Kayouli.

Photo 19': meule traditionnelle à Madagascar. Photo. Chenost.

De telles meules sont suffisamment compactes et étanches pour pouvoir y réaliser le traitement en arrosant chaque couche au moment de la construction. Nous avons réalisé cette technique avec succès au Cambodge dans le cadre du Projet FAO, TCP/Cambodge/2254 (E).

Dans le cas de Madagascar où les conditions atmosphériques pendant la période d'utilisation des pailles sont encore incertaines avant l'installation de la saison sèche, nous avons traité ces gerbes par la technique du trou et de la tranchée.

j) Meules de fourrages pressés en balles

A l'exception de cas particuliers (Opération fauche/pressage en Mauritanie, Projet de développement laitier en Tanzanie), les presses à fourrages sont encore peu utilisées en Asie et en Afrique. Elles sont en revanche déjà bien répandues au Maghreb, en Egypte et au Proche Orient.

Dans tous ces cas, le traitement à l'urée s'effectue par arrosage, lit par lit, de la solution d'urée au moment de la construction de la meule. La hauteur de la meule devra rester raisonnable (quatre à cinq couches) pour faciliter là reprise après traitement. Cette technique est maintenant vulgarisée avec succès pour le traitement des pailles (photo 20) au Maroc, en Jordanie et dans d'autres pays méditerranéens. Elle a également été testée en vraie grandeur pour le traitement des tiges de maïs en Tanzanie (photo 21) dans la région du Kilimandjaro/Arusha (CHENOST et al., 1993) et au Portugal (DIAS DA SILVA et al., 1988).

Photo 20: aspersion manuelle de la solution d'urée pour le traitement en tas (Tunisie). Photo. Chenost.

Photo 21: traitement en tas de tiges de maïs pressées par aspersion mécanisée lit par lit à l'échelle de la coopérative (Tanzanie). Photo. Chenost.

k) Couverture de meules avec de la boue

Les films de plastique coûtant cher et n'étant souvent pas réutilisables après le traitement, parce que troués ou déchirés, diverses solutions de remplacement ont été envisagées et sont en cours d'étude.

Au Moyen Orient et en Afrique du Nord les paysans ont, dans certaines régions, l'habitude de protéger leurs pailles stockées au champ en meules traditionnelles en en badigeonnant le sommet (réalisé en forme de toit à deux pentes) et les côtés avec de la boue. Il est logique de penser que cette couverture puisse être efficace pour les traitement à l'urée où le dégagement de l'ammoniac est progressif et sans augmentation de pression. Les premiers essais contrôlés réalisés en Tunisie (BEN SALEM al., sous presse) ont été satisfaisants.

Dans le cadre des opérations fauche/pressage, en Mauritanie, où les films de plastique sont inexistants et où le faible degré hygrométrique de l'air impose l'étanchéité, les efforts s'orientent sur l'utilisation du banco, soit frais comme la boue, soit en brique pour la réalisation de couloirs.

A noter que la couverture avec de la boue est également applicable pour des meules de paille non pressée en balles.

l) Cas particulier des balles rondes

Nous le citerons pour mémoire car il n'a été utilisé en France que pour la conservation des spathes (CHENOST et al., 1986) et des tiges de maïs (CHENOST et ai., 1991) et, à titre expérimental, pour le traitement mécanisé (à très faible teneur en eau) des pailles au champ (CHENOST et BESLE, 1992).

L'urée est introduite au moment de la fabrication des balles rondes grâce à un dispositif placé au dessus du pick-up de la presse (photo 22), soit sous forme solide pour les spathes et les tiges, fourrages humides (MS p.100 voisine de 40 p.100), soit sous forme de solution eau/urée/farine de soja cru, (§424), par un système de buses, pour le traitement des pailles et fourrages secs. Les balles de tiges, de spathes ou de pailles sont ensuite introduites dans une gaine de plastique.

Photo 22: traitement mécanisé de paille de blé au champ: l'eau et l'urée sont injectées ici séparément sur le pick-up de la presse à balle ronde (France). Photo. Chenost.
4.3.2. Les opérations pratiques du traitement

Elles sont décrites dans l'annexe 1.

A - Traitement de petites quantités en enceinte

C'est le cas le plus fréquent. Comme il est difficile de traiter de la paille hachée en tas ou en meutes de grande taille (cohésion de la masse de fourrage) on cherche à traiter la quantité de fourrage nécessaire aux animaux pendant une période de temps unitaire minimum, à définir. Cette dernière devra être au moins égale au délai d'achèvement d'un deuxième traitement, préparé à l'avance, et ouvert lorsque le fourrage traité en cours de consommation est terminé, et ainsi de suite. Les traitements et l'exploitation du fourrage traité s'effectuent ainsi grâce à une "batterie" de deux enceintes (photos 9 et 10). C'est ce que les égyptiens ont vulgarisé sous le terme "système des trois murs" (three wall-system). Ce délai est, en général, de 3 semaines (§424).

Pour déterminer le volume et les dimensions de l'enceinte, il faut connaître les quantités de fourrage nécessaires et la densité de ce dernier une fois mis dans l'enceinte.

- quantités:

La consommation volontaire d'un bovin recevant un fourrage traité se situe en moyenne à 2,0 kg de matière sèche (MS) par 100 kg de poids vif par jour. Ainsi, une vache de 300 kg a besoin de 6 kg par jour, pertes entre enceinte et auge comprises.

Prenons l'exemple d'un éleveur ayant 2 vaches de 300 kg à nourrir. Quelle quantité de fourrage (sec) doit-il traiter pour 3 semaines?

6 kg/j/vache
soit, pour 2 vaches pendant 21 jours:
6 kg x 2 vaches x 21 jours = arrondi à 250 kg

- volume occupé (densité):

Notre expérience montre que, suivant l'énergie avec laquelle elle est tassée dans un trou, une tranchée ou un couloir, et suivant son degré d'humidification, une paille ou un fourrage naturel en vrac a une densité comprise entre 80 et 120 kg (sec au départ) par m3. Cette densité peut facilement atteindre plus de 100 kg dans le cas de paille hachée finement ("tibin" au Proche Orient où la paille est souvent séparée du grain dans des batteuses à poste fixe qui hachent la paille).

Dans notre exemple il faudra donc prévoir, par silo ou par trou, un volume de 2,5 à 3,0 m3 pour de la paille.

La forme à donner devra privilégier des sections d'attaque les plus petites possible par rapport à la longueur afin de pouvoir refermer facilement après chaque reprise du fourrage traité pour éviter des rentrées d'air trop importantes. La longueur de l'enceinte sera ainsi proportionnelle au poids de fourrage traité.

B - Traitement de grandes quantités en meule ou tas

Le traitement est généralement effectué en tas, comme pour le traitement à l'ammoniac anhydre. La solution est apportée couche par couche de balles et le tas est recouvert d'une bâche hermétique. La taille de la meule dépend,

· de la taille et de la densité de pressage des balles. Des balles cubiques classiques de 35 x 50 cm de section et de 80 cm de longueur pressées à moyenne densité (100 kg/m3) pèsent en général de 10 à 15 kg,

· des dimensions du film de plastique. Cet aspect est évoqué plus haut (§332) à propos du traitement à l'ammoniac anhydre en tas.

4.3.3. Calendrier des travaux et traitement à l'urée

II est préférable de traiter au début de la saison sèche juste après la récolte, non seulement parce que l'eau et les stocks de fourrage sont encore là, mais aussi parce que le paysan est plus disponible et qu'il dispose de la trésorerie lui permettant d'acheter l'urée.

Il sera également possible de ne manipuler le fourrage qu'en une seule fois en effectuant le traitement au moment de la construction de la meule traditionnelle.

En outre, il ne fait pas encore trop chaud et le travail physique en est facilité. Dans la majorité des cas observés, une famille peut traiter une tonne de paille en 4 heures.

Pour une meilleure organisation du travail, il est évidemment conseillé de procéder aux préparatifs un ou deux jours avant la date du traitement.
4.3.4. Autres traitements à l'urée: Utilisation de l'urine

L'urine peut être utilisée comme source d'urée. En effet, bien qu'elle contienne 90 à 95 p.100 d'eau, l'urée est le plus important de ses constituants solides et il représente plus de 70 p.100 de l'azote urinaire. La composition de l'urine est toutefois très variable. Elle dépend des quantités d'eau ingérées, de la quantité et de la qualité des protéines ingérées et de la concentration en énergie de la ration (qui affecte l'efficacité de l'utilisation des protéines). Elle dépend aussi de l'espèce animale et du stade physiologique de l'animal. La quantité d'urée par litre d'urine varie ainsi de 2 à 25 g chez les mammifères domestiques (DIAS - DA - SILVA, 1993).

Les premiers essais sur l'utilisation de l'urine comme source d'urée pour traiter les pailles ont été réalisés en Asie du Sud-Est au début des années 1980. La revue de DIAS DA SILVA (1993) montre que les résultats de tels traitements sont variables suivant les auteurs. L'urine est apportée dans des rapports (en poids) paille/urine allant de 1/1 à 1/3. L'humidité à laquelle est effectué le traitement est donc parfois élevée. Les améliorations de la digestibilité mesurée sur animaux ou estimée en laboratoire sont variables mais peuvent atteindre des valeurs voisines de celles obtenues avec des traitements à l'urée classique. Pourtant les quantités d'urée apportées par de tels traitements sont inférieures à celles des traitements classiques. Il est vraisemblable que l'humidité a un rôle favorable sur l'efficacité du traitement mais l'acceptabilité des pailles ainsi traitées n'est pas toujours améliorée. DIAS DA SILVA (1993) conclut dans sa revue qu'il est encore nécessaire d'étudier plus en détail les modalités de traitement avant de pouvoir utiliser l'urine dans la pratique.

Enfin, un des facteurs purement pratiques pour lesquels le traitement à l'urine ne s'est pas encore réellement développé est la difficulté de récolte et de stockage de ce produit.
4.4. Conclusion sur la technique de traitement à l'urée

En définitive, le traitement à l'urée est une technique simple, peu onéreuse et efficace. Elle est souple et peut être adaptée à de nombreuses situations, fort différentes les unes des autres. Le traitement à l'urée a suffisamment fait ses preuves en milieu paysan pour pouvoir être démystifié. L'essentiel est de bien prendre en compte l'ensemble des facteurs conditionnant sa réussite et qui viennent d'être exposés par rapport aux contraintes auxquelles on a à faire face.

Le point sur lequel on ne reviendra pas, quoique controversé, est la quantité d'urée. Il ne faut pas, à notre avis, descendre en dessous de 5 kg par 100 kg de fourrage sec, surtout lorsque l'étanchéité est assurée par des matériaux locaux.

Les points auxquels il conviendra de prêter une attention particulière sont la durée du traitement, les quantités d'eau à rajouter au fourrage à traiter et l'herméticité du milieu de traitement. L'importance de ces points dépend en réalité du climat, des quantités et du conditionnement du fourrage à traiter et de la durée de stockage.

En climat tropical classique, l'expérience montre que le traitement peut être terminé au bout de trois voire deux semaines. En climat tropical d'altitude, en revanche, il convient de prolonger cette durée. Cinq semaines se sont avérées nécessaires dans le cas des hauts plateaux où le risque de gelées nocturnes est élevé. Mieux vaut traiter plus longtemps que pas assez puisque l'ammoniac dégagé assure la conservation. La seule contrainte peut être liée au calendrier des autres travaux agricoles: on essaiera autant que possible de traiter pendant des périodes creuses.

Certains malentendus peuvent exister en ce qui concerne l'herméticité et l'économie réalisable en utilisant des matériaux locaux au lieu du plastique. L'herméticité est certes moins importante que dans le cas du traitement à l'ammoniac anhydre où la pression élevée fait partir le gaz avant sa fixation. En fait cette herméticité sera d'autant moins à négliger que les quantités de fourrage à traiter seront petites. En effet la partie périphérique de tout traitement en contact avec l'air est forcément abîmée ou moisie donc impropre à la consommation par les animaux. Dans le cas de grandes quantités à traiter (meules de grande taille) il est possible d'être moins vigilant et de couvrir sommairement, la paille périphérique jouant le rôle d'auto couverture pour la masse interne. La partie endommagée restera peu importante par rapport à la partie interne intacte et la perte est négligeable au regard de l'économie réalisée sur le plastique. Ceci est difficile dans le cas de traitements en petites quantités où la partie endommagée peut, à la limite, devenir proportionnellement plus importante que la partie intacte si on n'a pas pris de précautions suffisantes. Les résultats de contrôle sur l'utilisation des matériaux locaux (tableaux 4 et 5) montrent qu'il est possible d'obtenir des traitements efficaces au niveau villageois lorsque le plastique n'est pas disponible ou qu'il est trop coûteux.

Beaucoup a été dit et se dit sur les quantités d'eau à ajouter. Celles-ci se situent dans une fourchette qui est finalement assez large puisque comprise entre 40 et 80 l par 100 kg de paille. Il n'existe pas de règle universelle et la décision dépendra du bon sens: ne pas se contraindre à peu d'eau si celle-ci est abondante; en revanche la réduire, mais dans des limites raisonnables compatibles avec la nécessité d'un tassement correct et avec l'hygrométrie ambiante (attention aux climats secs et chauds où l'évaporation est intense) quand elle est limitée et chère.

Le traitement à l'urée ne doit pas poser de difficultés si les agents d'encadrement ont été bien formés et en ont compris les principes de base, à prendre en compte pour trouver les solutions pratiques régionales adaptées. C'est une technique utilisable aussi bien à l'échelle artisanale du petit paysan qu'à grande échelle par des coopératives ou des exploitations importantes dans les pays où l'ammoniac industriel n'existe pas.
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Pascal PICARD

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MessageSujet: Re: nourriture pour chevaux   Sam 8 Déc 2012 - 15:48

Super article de Jean-Louis concernant le fauchage en mai et de la pratique pour limiter l'humidité.
Il y a 3 ans l'aasm nous faisait visiter lors "du bien aller de Jim", une installation dans le pays de Bray.
Un hangar conçu pour récupérer la chaleur sous toiture, restituer cet air chaud en partie basse du bâtiment à l'aide d'une ventilation.
Le lien ci-dessous, une installation dans le 76

http://www.youtube.com/watch?v=Ngeww1YitkI

Concernant la différence de prix entre carottes et betterave, c'est en effet énorme Shocked
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Dominique

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MessageSujet: Re: nourriture pour chevaux   Sam 8 Déc 2012 - 17:34

sujet interessant pascal ,merci
donc on peut donner de la paille à volonter et rationner le foin pour les chevaux trop gourmand ou prenant facilement de l’embonpoint Wink
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jean louis cosson



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MessageSujet: Re: nourriture pour chevaux   Sam 8 Déc 2012 - 20:13

quelle documentation, impressionnant, bravo et très intéressant.
Le traitement des pailles à l'ammoniaque est presque abandonné en France malgré son efficacité pour des raisons d'image. Le mot "ammoniaque" ou "urée" font peur d'autant plus que le public ne comprend pas de quoi il s'agit.
Pourtant ces techiques sont connues depuis des siècles.... Le population, dès le moyen âge observait que les élevages des monastères produisaient davantage avec leurs bovins que la moyenne. Certains ont essayé de comprendre pourquoi....Les moines, souvent très nombreux allaient uriner sur le foin en vrac à l'époque.... et certains ont fait le rapprochement : l'urée améliore la digestibilité des fourrages. Des recherches ultérieures l'ont prouvé. Les abbayes ont d'ailleurs été très efficaces en élevage pendant plusieurs siècles et même aujourd'hui encore, bon nombre d'écoles d'agriculture sont dans d'anciennes abbayes. Amusant, non!. Alors info ou intox, réalité ou légende???

Il en est de même avec le traitement à la soude des céréales en grain, le mot soude fait peur.

Un inconvénient peut survenir avec certains chevaux, c'est rare. Ils se goinfre de paille, surtout s'ils sont seuls et s'ennuient, ce qui peut provoquer de coliques de coprostase. Ces coliques peu expressives et sourdes ne sont pas toujours faciles à gérer. Il suffit, dans les 4 à 5 jours du rationnnement paile surveiller l'état des crotins. S'ils sont secs et durs, si le cheval a du mal à évacuer avec des masses importantes, il faut rationner ou compléter au foin.
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Dominique

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MessageSujet: Re: nourriture pour chevaux   Dim 6 Jan 2013 - 20:14

Il y a aussi un article intéressant sur le site de l'AASM concernant l'alimentation des chevaux , cliquez sur fil d'actualite en bas .

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Dominique

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MessageSujet: Re: nourriture pour chevaux   Lun 4 Fév 2013 - 12:27

Dominique a écrit:
Il y a aussi un article intéressant sur le site de l'AASM concernant l'alimentation des chevaux , cliquez sur fil d'actualite en bas .


http://www.chevaux-haute-normandie.com/fr/userfiles/6/File/doc/publication-reseau-equin-decembre-2012-alimentation.pdf
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Pascal PICARD

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MessageSujet: L'avoine   Mer 13 Mai 2015 - 20:32

L’AVOINE ENTIERE, L’ALIMENT IDEAL POUR LE CHEVAL ? Par Yvonne Welz
6 mars 2014, 11:11

Page 14, Issue 14, Winter 2004, The Horse's Hoof, News for Natural

Hoofcare

Le sujet de la nutrition équine a été l’objet d’une présentation lors de la conférence internationale de 2003 du Soin du Sabot selon le Dr Strasser. Toutes les étapes du processus de digestion du cheval ont été présentées en détail par Dorothe Meyer, docteur en médecine vétérinaire, originaire d’Allemagne.



Parmi les points soulignés, on trouvait cette information selon laquelle le processus de fonctionnement enzymatique correct de l’intestin grêle demande une concentration limitée en acides. Celle-ci dépend en partie de la teneur en amidon contenu dans l’alimentation. Lorsqu’une quantité excessive d'amidon arrive dans l'intestin grêle, son contenu devient plus acide pour en faciliter la digestion. Cependant, en dessous d’un pH de 6 (trop acide), la dégradation enzymatique n’a pas toujours lieu, ce qui peut conduire à la formation de gaz et d’ulcères. Cette succession d’événements risque davantage de se produire lors d’ingestion d’une grande quantité de céréales riches en amidon, comme pour le maïs ou l’orge, qui sont plus difficile à assimiler.



Une alimentation basée sur de grandes quantités de maïs et d’orge a pour conséquence enzymatique une modification anormale du pH de l’intestin grêle, et l’arrivée d'amidon non digéré dans le gros intestin (d’où coliques, gaz, matières fécales acides, absorption insuffisante des minéraux).



Cela nous amène à parler de l’avoine, et de sa composition en amidon digestible à 90%, contre environ 30-35% pour le maïs et l’orge. Lorsque le cheval est nourrit avec de l’avoine (en quantité appropriée), cette dernière est facilement dégradée dans l’intestin grêle, et le processus enzymatique n’est pas perturbé.



L’avoine entière est idéale pour les raisons suivantes:

Haute teneur en substances mucilagineuses

Haute teneur en balles (enveloppe des graines)

Haute digestibilité de l'amidon en amont du cæcum, même avant dégradation

Haute teneur en matières grasses

Idéal à mâcher compte tenu de la dentition spécifique du cheval

Extrêmement appétente



Une autre raison pour laquelle l’avoine entière est à préférer (au lieu de l’avoine aplatie) est que le contenu en matières grasses du grain entier n’est disponible que lorsque l’enveloppe est intacte. De plus, l’enveloppe de l’avoine entière est essentielle pour une mastication correcte et une bonne digestion.



Un cheval qui a de bonnes dents et des soins dentaires adéquats est à même de mastiquer et digérer l’avoine entière, et seules les enveloppes d’avoine se retrouvent dans les crottins. Si les grains ressortent sans avoir été digérés, cela peut signifier qu’il y a un problème de dents ou de digestion, qu’il sera nécessaire d’investiguer.



Quelle quantité d’avoine entière faut-il fournir ? Cela dépend bien entendu de la charge de travail. Si le cheval ne travaille pas et est sur une bonne pâture, il ne faut peut-être pas en donner du tout. Si le cheval peut faire régulièrement de l’exercice (et cela devrait être le cas pour tous les chevaux) et/ou s’il n’est pas au pré (donc ne reçoit que du foin), ou est en convalescence, rajouter de l’avoine entière à son alimentation lui sera profitable.



Il était recommandé de fractionner l’apport en avoine en de nombreux petits repas, en donnant au maximum 2.4 kg d’avoine par repas pour un cheval de 600 kg. Il faut bien entendu procéder graduellement à l’introduction de l’avoine dans l’alimentation.



L’Allemand Peter Speckmaier, professionnel du soin du sabot selon la méthode Strasser (SHP), m’a dit que lorsque les chevaux reçoivent trop d’avoine, ils ont tendance à devenir paresseux, et non pas trop excités. J’imagine qu’il parle d’expérience ; vous pouvez donc savoir que vous en donnez trop si vous constatez que le cheval manque d’énergie. J’ai également entendu certaines personnes dire que l’introduction d’avoine entière dans l’alimentation avait accéléré la pousse du sabot. Cela fait des années que je nourris avec de l’avoine entière, mais pas en grande quantité. J’ai donc augmenté la ration d’avoine de mes chevaux, et tout va très bien pour l’instant.



Le Dr Meyer prétend que l’un des problèmes des chevaux de sport d’aujourd’hui vient de l’insuffisance des apports en acides gras dont ils ont besoin pour combler leurs besoins énergétiques. De ce fait, les chevaux paniquent lorsqu’ils ressentent ce déficit en énergie, et se réfugient dans la fuite. C’est pourquoi certains chevaux peuvent sembler surexcités et incontrôlables (ce qui conduit leur propriétaire à réduire la ration d’avoine !), alors qu’ils auraient vraiment besoin de plus d’avoine pour avoir l’énergie de faire leur travail, sans être tellement surexcités.



Une autre information encore plus intéressante provenant du Dr. Meyer était que le travail des bactéries dans le gros intestin est de produire les acides gras volatiles qui sont la source même de l’énergie du cheval. Le Dr. Meyer a affirmé que nous devons éviter tout ce qui est susceptible de nuire à cette flore bactérienne bénéfique, puisque tout ce qui la met en danger met également la vie du cheval en danger (c’est une bonne raison pour être très prudent avec les antibiotiques !).



Jane Kempton, SHP en Grande Bretagne, à propos de l’alimentation de ses chevaux avec de l’avoine entière, nous a raconté ceci : "J’ai commencé à remarquer un changement et un comportement globalement plus détendu environ quatre mois après avoir introduit l’avoine dans leur alimentation. La pousse de la corne a augmenté, et ils ont un poil magnifique. Ils ne se précipitent plus de la même manière qu’avant sur leur ration. Hugo et Mouse produisent assez de salive dégoulinante pour transformer le contenu de leur seau en une sorte de bouillie pendant qu’ils mangent. La digestion débute avant même que l’avoine soit dans leur bouche !



Les crottins aussi sont légèrement différents. Au début, ils contenaient des grains d’avoine intacts parce que, dans leur précipitation, les chevaux ne les mâchaient pas correctement. Maintenant, il n’y a plus que quelques enveloppes de grain. Nourrir avec de l’avoine entière est tout à fait nouveau en Angleterre. Il faut faire une commande spéciale de sacs de grains, vu qu’il n’y a pas de demande. Au début, la quantité d’avoine dans la ration semble énorme, mais nos chevaux se portent bien, trop bien en fait."



Erica Lynall, SHP en Grande Bretagne, nous a dit qu’elle nourrissait sa jument, jadis fourbue, avec de l’avoine entière : "Ma jument Moose, a reçu de l’avoine entière pendant 2 ans, mais après avoir parlé avec Peter Speckmaier, j’ai augmenté les quantités pendant l’été. J’en ai donné de trop, et la jument a commencé à devenir paresseuse. C’était vraiment bizarre, et j’ai cru qu’elle avait quelque chose qui n’allait pas. A présent, elle reçoit la quantité adéquate et elle est pleine d’énergie, et fantastique à monter. Dans le temps, je ne donnais pas assez d’avoine.



"Peter m’a dit que de l’ammoniaque présent dans le foie de Moose rendait ses pieds sensibles dans les cailloux (elle a souffert de fourbure). Il a ajouté que l’ammoniaque était excrété à travers la peau, les yeux et la ligne blanche, mais qu’il se loge en réalité dans la ligne blanche et est à l’origine de cette sensibilité. Depuis que je connaissais Moose, elle avait toujours eu les yeux qui pleuraient ; désormais, ils sont guéris à 85% (les yeux sont situés sur le méridien chinois du foie). Les protéines et les lipides contenus dans l’avoine entière contribuent à la guérison des tissus. J’ai aussi traité le foie de Moose en phytothérapie et en homéopathie pour accélérer les choses sinon, dans des conditions naturelles, sa guérison aurait pu prendre 6 ou 7 ans ! J’ai également ajouté des compléments de lysine et méthionine, car ces acides aminés ne se retrouvent pas en grande quantité dans l’avoine entière. Cela permet de rendre les protéines plus complètes et plus digestibles.



"Désormais, Moose marche pesamment sur les pierres comme si elles n’étaient pas là! Je peux à peine y croire, après avoir été confrontée à ce problème depuis si longtemps. Durant l’été, elle marchait correctement sur les cailloux, mais avec précaution ; maintenant, la différence est vraiment flagrante. L’état de ses yeux continue également à s’améliorer, et elle est plus facile à manipuler puisqu’elle est mieux dans sa tête.



"L’été dernier, j’ai dû parer cinq poneys sérieusement fourbus, et j’ai dit à leurs propriétaires de commencer à donner de l’avoine entière. Ils étaient un peu inquiets, vu que la plupart des vétérinaires pousseraient les hauts cris devant une telle suggestion, mais ils m’ont fait confiance et leur en ont donné. Dès que les poneys ont reçu de l’avoine, leur guérison s’est accélérée et s’est déroulée plus facilement. Ils avaient tous des bourrelets et des amas de graisse au niveau de l’encolure et du reste du corps, qui se résorbent et disparaissent à présent.



"Dans son livre sur la nutrition humaine, John Gray affirme que les ventres dilatés des buveurs de bière témoignent en réalité d’un dysfonctionnement hépatique. La raison pour laquelle ces rondeurs sont associées à l’âge mûr est qu’il faut un certain nombre d’années avant que le foie ne commence à donner ce gonflement apparent. J’ai constaté que beaucoup de chevaux de plus de dix ans semblent obèses, mais qu’après un examen plus attentif, il s’avère qu’ils ont simplement un ventre gonflé. John Gray prétend qu’aucun exercice supplémentaire n’aura raison de cela, et que seule la désintoxication du foie en viendra à bout !"



Note: L’avoine entière bio est fortement recommandée lorsqu’elle est disponible.





DEUXIEME PARTIE



Le sujet traité précédemment par la vétérinaire allemande Dorothe Meyer nous a fourni des informations importantes sur l’avoine. L’avoine entière semble avoir des propriétés qui en font l’aliment idéal dans la nutrition des équidés. Voici quelques informations supplémentaires à propos de l’alimentation en avoine, ainsi que quelques témoignages de professionnels en soins du sabot selon la méthode Strasser (SHP) concernant leurs expériences récentes dans ce domaine.



Quelle quantité d’avoine entière?



En se basant sur les informations apportées par Peter Speckmaier (SHP, Allemagne), voilà quelques règles de bases pour l’alimentation en avoine entière d’un cheval vivant dans des conditions naturelles (mais pas sur le terrain varié idéal), et soumis à un travail modéré (mais qui pourrait en faire davantage) :



Poids du cheval

Ration d’avoine quotidienne

400 kg

1,25 – 1,5 kg (2,5 – 3 litres)

600 kg

1,5 – 2 kg (3 – 4 litres)



Pour les chevaux qui ne travaillent pas du tout, réduisez très légèrement la quantité d’avoine mentionnée ci-dessus. Pour les chevaux de haut niveau, d’endurance, etc., il est possible de donner jusqu’à 50% d’avoine en plus. Les quantités proposées dans le tableau sont applicables aux chevaux vivant au pré ou en paddock. Dans le cas des chevaux vivant en box (mais ce n’est pas le cas des nôtres, n’est-ce pas ?), il convient d’augmenter la ration de 10-20 % pour compenser le stress lié au confinement et/ou au mauvais parage des pieds (encore trop souvent rencontré).



Donnez moins d’avoine aux chevaux vivant sur des terrains variés non traités où poussent de nombreuses sortes de plantes.



La quantité correcte est variable d’un cheval à l’autre. Il ne s’agit que de suggestions grossières. L’avoine doit bien entendu être introduite progressivement dans l’alimentation, en augmentant ensuite lentement la ration fournie jusqu’à atteindre la quantité appropriée.



Les chevaux vivant dans des conditions naturelles ont besoin de moins d’avoine que les chevaux au box. Fractionnez la ration quotidienne d’avoine en autant de petits repas que possible. Idéalement, si la quantité à fournir est de 5 litres par jour, il faudrait la diviser en dix repas d’un demi-litre chacun. Ce n’est évidemment pas possible dans la réalité. Essayez donc au moins de répartir l’avoine en 2 à 3 repas par jour. Si vous ne pouvez nourrir qu’une fois par jour, ne donnez JAMAIS plus de 2,5 kg d’avoine en un seul repas à un cheval de 700 kg, ou plus de 2 kg d’avoine à un cheval de plus petit gabarit.



Donner une quantité supérieure à celle-là par repas risquerait d’amener de l’amidon non digéré à passer au niveau du gros intestin et à perturber le système digestif (gaz, coliques, fèces acides).

Arrivés à ce point, beaucoup de propriétaires tombent des nues – quoi, donner quotidiennement des KILOS d’avoine à un cheval oisif vivant au pré ? Bien que l’alimentation à base d’avoine n’ait rien de nouveau, et que les hommes de chevaux y aient eu recours depuis des siècles, cet avis va à l’encontre des courants de nutrition actuels qui, pour autant que le cheval reçoive du grain, recommandent de donner plutôt des mélanges du commerce. Et lorsqu’une ration d’avoine est apportée au cheval, elle se mesure en poignées de grain plutôt qu’en kilos ! Si en plus les professionnels conseillent de donner une telle quantité d’avoine à tous les chevaux, et en particulier à ceux qui souffrent de fourbure, les yeux s’écarquillent vraiment.



Peter recommande de donner du foin même aux chevaux en pâture, parce que l’herbe contient trop de protéines au printemps, ce qui rend les chevaux paresseux, et trop peu à l’automne, ce qui leur fait faire de la rétention d’eau. Toutefois, les pâtures "sauvages" (ni traitées ni sur-pâturées) ne causent pas autant de problèmes par leurs taux de protéines. Les pâtures sauvages non traitées fournissent également une alimentation plus variée, qui permet de réduire la quantité d’avoine à apporter.



Les chevaux plus âgés dont la dentition est gâtée, et qui sont incapables de mâcher correctement l’avoine, pourront profiter de ses bienfaits si vous la cuisez au préalable. Il suffit simplement de verser de l’eau bouillante sur la ration, de couvrir le seau et de laisser mijoter pendant un moment.



Equilibre Calcium/Phosphore



Lorsqu’on ajoute de l’avoine au régime, il faut veiller avec attention à l’équilibre phosphocalcique global de l’alimentation. Pour un cheval adulte, beaucoup de nutritionnistes recommandent de respecter un rapport de 1,5/1 à 2/1 Ca/P. L’avoine est plus riche en phosphore qu’en calcium, dans une proportion qui peut atteindre 1/5 Ca/P (1 part de calcium pour 5 parts de phosphore). Dès lors, si vous donnez beaucoup d’avoine, il est nécessaire de rééquilibrer correctement la ration en calcium. La plupart des foins d’herbe ont un rapport de 1/1 ou de 2/1, tandis que les foins de légumineuses peuvent avoir un très haut taux de calcium, de 5/1 ou plus. Vous pouvez donner de petites quantités de luzerne (alfalfa) en 'supplément' pour augmenter le calcium. De nombreux propriétaires donnent également des pulpes de betterave à cause de leur haute teneur en calcium (6/1). Une autre solution consiste à mettre un complément minéral de calcium à la libre disposition du cheval. Certains hommes de cheval donnent du carbonate de calcium, des pierres calcaires ou de la cendre d’os, mais leur origine et leur pureté doivent être évaluées. Tout mélange minéral en libre service doit avoir un rapport phosphocalcique de 2/1.



Témoignages à propos de l’alimentation à base d’avoine



Encore sceptique en ce qui concerne l’introduction de kilos d‘avoine au régime quotidien de votre cheval ? Souvenez-vous que ce ne sont pas les céréales qui sont à l’origine des fourbures ou des décollements de ligne blanche, mais bien un parage des pieds inadéquat.



Mais votre cheval ne risque-t-il pas de grossir ? Ou de trop chauffer et d’être surexcité ? Ce n’est pas ce que les témoignages de ceux qui ont testé cette alimentation semblent démontrer. Gardez toutefois à l’esprit que, dans chacun des cas présentés, les chevaux bénéficient 1) de conditions de vie naturelles et 2) d’un parage correct. Si ces conditions essentielles n’étaient pas réunies, les résultats obtenus ne seraient pas aussi positifs.



Tracy Raffaele, SHP, de Californie : "J’ai constaté, chez plusieurs chevaux corpulents (dont le mien), que le simple ajout d’avoine à leur alimentation, sans augmentation d’exercice, leur avait fait perdre du poids."



Suzanne Foster, SHP, du Wisconsin : "J’ai observé un hongre fourbu atteint du syndrome de Cushing gagner en masse musculaire et perdre une épaisse couche de graisse à l’encolure en l’espace de quatre mois. Il reçoit environ 4 kg par jour, répartis en 4 repas. Il est également monté (principalement au petit galop et au trot) pendant à peu près une heure par jour, fractionnée en deux ou trois sorties. Jour après jour, il semble de plus en plus en forme – des yeux plus brillants, et plus d’entrain (évidemment). De plus, deux chevaux maigres qui avaient besoin d’assez bien d’avoine dans un premier temps se portent désormais plutôt bien avec environ la moitié de la quantité initiale. Enfin, ma propre jument, qui avait des bourrelets de graisse au dessus des yeux, les a perdus lorsque j'ai doublé sa ration d'avoine. Deux mois plus tard, ces dépôts ne sont toujours pas réapparus. Je suis convaincue. »

Jane Kempton, SHP, de Grande-Bretagne : "Je possède un cheval de 24 ans qui avait subitement perdu du poids, il y a environ six ans, et ne parvenait pas à reprendre de la condition. Le fait de le déferrer a un peu amélioré les choses, mais il continuait à maigrir durant l’hiver. La monte à cru était, à mon avis, une épreuve pour chacun de nous deux. Il n'a plus l'air maigre du tout (depuis qu’il reçoit de l'avoine) ! Je l'ai monté aujourd'hui pour la première fois depuis des mois, et j’ai été très surprise de ce qu'il a regagné en masse musculaire au niveau du dos. Il ne fait rien d’autre comme travail, à part quand mon ami le monte environ deux fois par mois (je sais, quelle mauvaise SHP je suis : ce n’est pas assez d'exercice). J'ai vraiment pu constater l'accroissement du tonus musculaire. Tout cela se vérifiera sur le long terme, ainsi que vous le prétendez, mais jusqu’à présent, ils se portent tous extrêmement bien. Cela fait maintenant huit mois qu’ils reçoivent de l'avoine entière.”



Frances Guthrie, SHP, Colombie Britannique : « Les chevaux se portent bien. Mon hongre ne ressemble plus au bonhomme Michelin ; ses bourrelets de graisse ont laissé place à un corps plus ferme, sans autre changement que le passage à l’avoine. »

« Brio, un jument Quarter Horse de 24 ans, avait toujours eu un gros ventre. Maintenant qu’elle reçoit de l’avoine, sa silhouette est, selon moi, redevenue celle d’une vieille jument d’élevage non travaillée. Je suis curieuse de voir comment elle répondra aux autres modifications de son alimentation. Au printemps, je compte arrêter de donner d’autres grains et ne plus fournir que de l’avoine et des minéraux. Je pense que sa digestion est meilleure et qu’elle ne mange plus les énormes quantités de foin qu’elle consommait dans le passé. »

« Blaze, ma jument de 31 ans, était un cas intéressant à observer. Je crois que les granulés du commerce lui donnaient de la rétention d’eau. Je la nourrissais avec une moitié d’avoine et une moitié de granulés et, quand j’ai remarqué qu’elle grossissait, j’ai réduit la quantité de granulés et j’ai continué avec la même ration d’avoine. En à peine quelques jours, elle semblait avoir changé. Ensuite, j’ai cru qu’elle perdait du poids, et j’ai augmenté la dose de granulés ; en l’espace d’une semaine, elle paraissait ‘gonflée’. »

« Un hongre réformé est arrivé chez moi très maigre, avec une fonte musculaire considérable le long de la ligne du dessus. Il est difficile en ce qui concerne la nourriture, et il semble ne jamais manger autant que je pense qu’il devrait, et laisse même du grain. J’avais commencé à lui donner de l’avoine en prenant beaucoup de précautions, et en augmentant lentement la quantité. Il a pris du poids de manière lente et régulière, mais pas autant que j’espérais. J’ai récemment augmenté sa ration, et j’ai remarqué une nette amélioration. »

« Il y a peu de temps, ma sœur a donné une petite ration de granulés à son hongre, qui n’a pas tardé à avoir des démangeaisons au niveau de la queue. Pendant des années, elle avait cru qu’il était allergique aux piqûres de moustiques; mais cette fois, cela arrivait en plein hiver, quand il n’y avait pas d’insectes ! Dès qu’elle est revenue à l’alimentation à base d’avoine, le cheval a cessé de se gratter. »

« Une nouvelle client a commencé à donner de l’avoine à son hongre. Si ce hongre avait été une jument, vous auriez cru qu’elle attendait des jumeaux ! Je ne crois pas avoir déjà vu un hongre avec un si gros ventre, mais sa propriétaire est certaine qu’il perd du poids. »

Christina Kusznir, SHP, New York City : « L’un de mes clients, dont le cheval est pieds nus depuis 18 mois avec une autre méthode de parage et qui n’a pas cessé d’être sensible sur les cailloux pendant tout ce temps, a récemment raconté que ce dernier était beaucoup plus à l’aise sur les cailloux une ou deux semaines seulement après être passé à l’avoine entière. A ce jour, il a été paré deux fois selon la méthode Strasser. » Bien entendu, le parage peut y avoir contribué, mais comme l’écrivait Erica Lynall dans son exposé précédent, sa jument Moose avait cessé de souffrir dans les cailloux après que sa ration d’avoine ait été augmentée. Christina a en fait songé à suggérer l’avoine à son client après avoir lu le témoignage d’Erica.

Bob Creel, SHP, Floride : « Mes chevaux sont passés à l’avoine entière il y a plus d’un an, et ils semblent en meilleure santé. En continuant à faire la même quantité d’exercice, ils ont perdu de la graisse superflue et ont pris du muscle. »

Christina Martin, SHP, Colombie Britannique : « En ce qui me concerne, je vais continuer à donner de l’avoine, mais en réalité, je l’avais toujours fait. J’ai simplement augmenté les quantités. Je n’ai jamais eu l’impression que mes chevaux ‘chauffaient’ avec l’avoine entière, mais je ne leur en donne pas tant que ça puisqu’ils vivent sur de grands pâturages non traités. A en croire Peter Speckmaier et Marijke van de Water, les plantes sauvages de ces prairies fournissent une grande variété d’acides aminés à mes chevaux. »

Erica Lynall, SHP, Royaume-Uni : « Ma jument, nourrie avec de l’avoine, est tellement agréable à monter ! Chaque cheval et chaque poney que je nourris avec de l’avoine est superbe, et ceux qui faisaient de la rétention d’eau ou avaient de l’embonpoint ont fait des progrès. Un ou deux propriétaires étaient sceptiques, et du coup, leurs chevaux sont toujours gras et les pieds n’ont pas assez évolué.

« L’hiver dernier, j’ai demandé aux propriétaires de 9 chevaux et poneys ayant tendance à faire de la fourbure de donner de l’avoine. Désormais, ils ont perdu cette tendance ! Ils vont tous mieux. Parmi eux, il y a une jument atteinte du syndrome de Cushing, qui perd des tonnes de poil pour l’instant. Elle reçoit aussi des remèdes homéopathiques spécifiques, mais l’ajout d’avoine a contribué à leur efficacité. »

Julie Leitl, SHP, Australie : « J’ai moi aussi augmenté les quantités d’avoine. Ma jument Quarter Horse de 16 ans n’est plus au pré pour l’instant ; elle est à la maison avec de l’herbe (pas beaucoup), du foin de prairie, et désormais plus d’avoine qu’elle n’en avait jamais eu auparavant, même si c’est un aliment que j’utilisais depuis des années. Je l’ai montée quelques fois au cours des semaines précédentes, et elle se comporte extrêmement bien, sans ‘chauffer’ du tout. En réalité, elle ne s’est jamais mieux portée.

« Je nourris également avec de l’avoine la jument d’un client que je soigne pour une descente de la troisième phalange, et elle va vraiment bien aussi. J’essaie que ce cheval reste en condition, et cela semble fonctionner pour l’instant. Elle a un bien meilleur appétit ; en réalité, elle dévore tout ce que je mets à sa disposition, chose qu’elle ne faisait pas à son arrivée ici. »

Ross Neder, SHP, Arizona, vient de commencer à nourrir son troupeau avec de l’avoine : « Eh bien, voici quelques observations de la part d’un sceptique absolu : après une semaine d’avoine, et sans avoir déjà atteint la ration complète, je constate que mes chevaux mangent moins d’herbe au râtelier et se déplacent plus spontanément dans le pré.

« Le plus étonnant est aussi que l’un de mes réformés de longue date s’est mis à jouer avec la jument de tête du troupeau. Or, ce cheval restait presque toujours à l’écart du troupeau, et était tout en bas de la hiérarchie. A présent, quand l’un des autres chevaux commence à bouger, il réagit différemment. Et il s’est même mélangé au troupeau qui broutait.

« Soit ma façon de parer s’est améliorée au cours de cette semaine, soit l’avoine fait réellement la différence. »

Et pour terminer, voici mon propre témoignage : « Après avoir entendu tant d’informations positives concernant l’avoine entière, j’ai commencé à en donner à mes chevaux en novembre. Ma jument fourbue d’1,5m et 400kg, reçoit environ 1,4kg d’avoine par jour. Elle a repris un peu de condition, et un meilleur poids qu’avant. Ma jeune jument mesure 1,70m, pèse 700kg, et travaille 1-2 heures par jour. J’ai graduellement augmenté sa ration d’avoine, jusqu’à une ration de presque 3kg par jour (fractionnée en deux repas de 1,5kg chacun). Elle n’a jamais chauffé ni été surexcitée d’aucune manière par l’avoine (alors qu’elle a à peine 5 ans). C’est un cheval assez massif, et dans un premier temps, je craignais qu’elle prenne du poids à cause de l’avoine, mais cela ne s’est jamais produit. Au lieu de cela, j’ai constaté, comme beaucoup d’autres propriétaires, qu’elle a une plus belle ligne et qu’elle a fait du muscle. »

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